Le corps des femmes comme champ de bataille
Dans le conflit au Tigré, impliquant les forces tigréennes, le gouvernement fédéral éthiopien, la milice amhara et l’armée érythréenne, les violences sexuelles contre les femmes sont utilisées comme de véritables armes de guerre. Malgré l’accord de paix de 2018, présenté comme un tournant dans les relations bilatérales, ces abus (viols collectifs, esclavage sexuel, torture, mutilations) n’ont pas cessé. Ils visent à briser l’identité collective et à punir les fuyards. Les femmes sont ciblées afin de déstabiliser des communautés entières.
Le pouvoir en place masque ces crimes par une propagande institutionnelle fondée sur le déni et l’obstruction à la justice. Face à cette dissimulation, les survivantes s’organisent pour documenter ces atrocités. Dans les camps de réfugiés et au sein des réseaux de la diaspora, elles collaborent avec des organisations de défense des droits humains et mettent en place des formes d’entraide. En témoignant, elles luttent contre l’effacement et transforment leur statut de victimes en actrices de la quête de justice.
Cinzia Canneri
L’Italienne Cinzia Canneri explore la condition humaine à travers les transformations sociales, les questions de genre et les migrations. Dans la Corne de l’Afrique, elle a documenté la résilience des femmes face aux conflits. Son projet « Les corps des femmes comme champs de bataille » a reçu de prestigieux prix, dont un World Press Photo (2025) et le POYi (2026). Ses œuvres ont paru dans des titres majeurs, tels que le New York Times, L’Obs, The Observer et Days Japan.
Exposition présentée gratuitement dans le Bâtiment 1912 de La Pulperie.
Exposition présentée dans le cadre du Zoom Photo Festival Saguenay.
Pour plus de renseignements sur le Zoom Photo Festival Saguenay, consultez le zoomphotofestival.ca