Le Nil
« Avant le Nil donnait, aujourd’hui il prend ». C’est ce qu’a déclaré l’un de mes guides lors d’une de mes nombreuses journées de travail. Le Nil, deuxième plus long fleuve du monde, est un point névralgique des sociétés qui en dépendent et ce, depuis des millénaires. Pourtant, cette ressource d’eau vitale pour 500 millions d’Africains, qui fournit par ailleurs plus de 90 % des besoins en eau potable de l’Égypte, pourrait être le théâtre d’une catastrophe écologique et alimentaire, prévient l’ONU. De part et d’autre de ses rives, le Nil présente une étroite bande fertile où poussent les cultures, s’élèvent les villes et où près de 95 % de la population vit. Au-delà se dessine une frontière nette qui laisse subitement place au désert. Ce territoire fertile aux abords du fleuve recule un peu plus chaque année, grignoté par la sécheresse, l’urbanisation et la pression croissante que l’activité humaine a sur le fleuve.
Et tout porte à croire que son assèchement s’accélérera en partie à cause de la construction du plus grand barrage d’Afrique : le barrage de la Renaissance, qui retient une partie de l’eau du Nil en Éthiopie et qui est désormais à l’origine de tensions politiques entre les trois pays concernés (l’Égypte, l’Éthiopie, le Soudan). La sécurité alimentaire de millions d’Égyptiens, l’approvisionnement en eau potable et la vitalité économique du pays tout entier sont menacés par les bouleversements subis par ce fleuve maintes fois millénaire. Ce travail constitue un état des lieux actuel des effets des changements climatiques en Égypte, révélés à travers les évolutions visibles du Nil.
Adil Boukind
Adil Boukind est un photographe documentaire et photojournaliste né en France et vivant à Montréal depuis bientôt 20 ans. Son travail porte sur l’intégration des pratiques ancestrales dans le contexte de la société moderne et sur la manière dont elles se sont adaptées ou, au contraire, sont restées les mêmes. Cette approche vise à mettre en lumière les leçons et les bénéfices qu’elles produisent. Parallèlement à son travail, il explore également les enjeux sociétaux, notamment liés à l’identité territoriale et aux enjeux de l’eau. Ses voyages l’ont amené à travers plusieurs pays comme l’Iraq, l’Inde, le Népal, le Mexique, les États-Unis et plus récemment l’Égypte. Adil collabore régulièrement avec des médias québécois et canadiens comme The Globe and Mail, Le Devoir, La presse et des médias internationaux comme Le Monde ou The Guardian.
Exposition présentée gratuitement dans le Bâtiment 1912 de La Pulperie.
Exposition présentée dans le cadre du Zoom Photo Festival Saguenay.
Pour plus de renseignements sur le Zoom Photo Festival Saguenay, consultez le zoomphotofestival.ca